Je sortis mon maquillage, je pris mes plus beaux produits et me maquilla minutieusement comme Tom aimait et m'occupa de ma coiffure, je la fis lisse, comme Tom l'aimait.
J'étais un peu un pantin, dirigé par des salauds, et il menait doucement vers la mort. Une morte lente, une morte atroce... Mon c½ur se serrait dans ma poitrine... Je n'avais même plus la force ni l'envie de pleurer...
L'épée de Damoclès était tomber lourdement sur ma pauvre tête mais elle me torturait, me faisant mourir à petit feu, juste pour le plaisir de m'entendre hurler et de me voir souffrir jusqu'à que je succombe à mes blessures. Je connaissais enfin la destinée... Je n'avais pas tiré le bon numéro... Ma vie s'écroulait comme un château de carte qu'on détruit en faisant une pichenette sur chaque carte, une à une... Je n'avais même plus la force de pensée, le seul but que j'avais dans ma vie était celui-là... La seule chose de bien que j'ai faite dans ma putain de vie était ça ! Notre histoire... Notre putain de belle historie... Mes pêchés étaient donc si gros et moi si idiot d'y avoir cru.
Je finissais lentement de me préparer et me regarda une dernière fois dans le miroir. J'étais beau ce jour là mais mes yeux étaient sans âme, mon teint était blafard. Je puais la mort avant même d'y avoir gouter.
Je claquai la porte de l'appartement, laissant nos affaires dedans. C'était la dernière fois que je claquais cette porte, je savais que je n'aurais plus l'occasion de la réouvrir.
Je mettais souvent demander comment j'allais mourir. Je voulais mourir d'une façon si spectaculaire que tous les gens se rappelleront de moi, la douleur m'importerait peu car je mourrai de toute façon après. Je voulais d'une mort haute en couleur, un mort de digne.
Je descendis longuement les escaliers. La mort qu'on me faisait subir était tellement atroce. Je sortais pour la première fois depuis 3 mois de cet immeuble. L'agitation de la ville m'embarqua, je voyais les gens parler, je voyais les enfants rires, je voyais les couples s'embrassaient sans peur et sans honte. Je détournais la tête, juste pour m'empêcher de replonger... Eux, ils avaient le droit à ce bonheur... Pourquoi pas nous ? La ville m'oubliait, la ville s'en foutait...
« Mon Tom... Je t'en pris quand je serais là-haut ou en bas, tout dépend comme on me regarde, je veux que cette ville te chérisse. Il y a tellement de gens bien ici... Pourquoi tu m'as choisi ? Moi, ton frère, l'homme qui voulait te tuer... Pourquoi Tom ?»
Les questions défilaient dans ma tête... Même si une ruse de Jeff était probable, je savais qu'il n'y en avait point. Mon monde a la qualité, ou le défaut, d'être très loyal, comme si c'était un art de tuer, comme si enlever la vie était une noble activité. La dernière page de notre romain commun état entrain de s'écrire. Le roman sera noir et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de rêver à la fin heureuse.
« Tom... O Tom... O mon Tom...
Je me rappelle de chaque souvenir passé avec toi. L'odeur de ta peau, la saveur de tes lèvres, ta voix grave, tes yeux noisette... Si tu savais comme je t'aimais Tom... Je t'offrais mon corps, mon âme, mon c½ur... »
Le taxi arriva à la station, je montais dedans et donna l'adresse du manoir.
Ma tête reposait sur la vitre propre, je voyais, pour la dernière fois, la ville, je voyais pour la dernière fois le monde humain, avant de plonger dans le monde d'un ange et des démons. Je voyais les paysages défilaient, je voyais les champs, le ciel bien trop bleu pour un jour aussi sombre...
Oui, moi aussi, j'aurais voulu briller comme toi, Soleil, moi aussi... Je n'ai pas eu autant de chance toi et puis, si on t'enlevait l'univers, tu auras beau briller, tu ne servirai plus à rien et tu t'éteindrai doucement de chagrin et de l' lassitude.
Pour moi, c'était pareil... Je faisais le mal et puis j'avais voulu faire le bien mais on ne pouvait pas changer de partie, au risque de s'y faire punir. Que la punition est violente ! Quelle est injuste...
Mes yeux se fermèrent, je souriais tristement...
"Tom... J'arrive... Ne t'inquiète pas mon ange..."
J'attendais que la lame de l'impitoyable guillotine me tombe dessus mais ils faisaient durer le suspense, juste pour m'effrayer un peu plus... La lame me trancherait lentement le cou, pour que je vois le sang dégoulinait, que je ressente la douleur causer...
- Prenez.
- Mais...
- Gardez la monnaie, je n'en aurais plus besoin."
J'avais donner la mort a de nombreuses personnes, j'avais vu les gens mourir mais quand sa vous arrive à vous, vous vous rendez compte de l'horreur que vous avez commise, durant de nombreuse années...
C'était tellement injuste que je me retrouve devant cette porte, c'était tellement injuste de ressentir la peur de Tom... De mon ange...
J'ouvris doucement la porte, pénétrant lentement dans l'entrée qui ne m'avait jamais paru aussi sombre et grande. La maison n'avait jamais été bien éclairée, elle me le paraissait encore moins maintenant.
- Enfin.
Jeff apparut, un sourire malsain aux lèvres comme pour un peu plus vous condamnez, un peu plus vous tuez...
- Rendez-moi Tom...
Jeff tournait autour de moi, la peur me rongeait de l'intérieur mais je voulais paraitre encore digne, ne pas lui montrer les faiblesses que lui-même m'a apprit à contrôler...
- Il faudra des conditions...
- REND MOI TOM !
Je le ruais vers lui, perdant mon sang froid. Deux hommes apparurent, me séparant de Jeff.
- Cherchez le gamin.
Un des deux connards hocha la tête et monta à l'étage. On attendit. La tension était si palpable qu'elle se transphormait en énergie, une énergie qui paralysait la moindre goutte de sang. On entendait des bruits de lutte en haut. Jeff me regardait toujours avec son sourire sadique et moi je regardais le plafond comme pour y trouver une solution.
J'entendis un petit cri puis des pas. Tom arriva. Mon coeur fit un bon dans ma pauvre pointrine dont le coeur battait un peu trop fort, pour réclamait un peu de vie pour un peu plus d'amour avec lui... Je souffais son prénom du bout des lèvres comme si il était trop beau pour moi... Il avait toujours son bas de pyjama, son torse nu était parsemé de bleus, il avait voulu se défendre. Un type avait enrouler son bras autour du cou de Tom, l'immobilisant complètement, ce type avait aussi une arme qu'il pointait sur mon amour mais dans un reflexe, je me précipitais vers eux. Je voulais encore serrer Tom dans mes bras, juste une fois mais quand l'homme chargea son arme, je me reculais précipitamment comme si un mur invisible nous séparait...
- Viens Bill.
Jeff avait remarqué mes yeux qui brillaient de peur et mes tremblements, il avait remarqué qu'il avait en sa possession la chose la plus sacrée à mes yeux.
- Bill ! N'écoute pas ce connard ! Ne cède pas ! Aie... Lâche moi gros... Aiiiie...
Un coup... J'étais impuissant et je le voyais souffrir... Je suivais Jeff dans la grande salle de bal, qui avait été reconvertit, après en salle à manger. Mon amour nous suivait, toujours avec ce monstre.
- Jeff, rend le moi... Je t'en pris...
Jeff se retourna, faisant face à son ancien élève...
- On croyait avoir perdu votre trace... On vous a retrouvé une première fois et même sous la torture, tu n'as pas cédé... Tu n'as pas abandonné l'objectif que tu t'étais donné et à chaque fois, tu nous filais entre les doigts. On a eu du mal à te retrouver... Enfin nous avons du tuer pour çà... Le passeur est mort Bill. Encore à cause de toi. Vous étiez hors des limites du jeu et hors des limites, il n'y a plus de règles. Nous avons vu que tu ne cédais pas, tu étais invincible mais chacun à son talon d'Achille, le tient était Tom. Tu t'es jeté dans la gueule du loup volontairement encore pour lui. Maintenant si tu veux sortir indemne de cette histoire avec ton gamin, il y a des conditions.
- Je ferrais tous ce que tu veux.
- Tous ?
- Oui.
Jeff rigola et me montra où m'assoir. Tom avait été contrait de reculer à l'écart. C'était incroyable, je sentais sa douleur et il ressentait la mienne. J'aurais tellement voulu de ses bras... De ses lèvres et de son corps. Il était là, à quelque mètre mais il mettait inaccessible. Je devais tous faire pour qu'il ressorte saint et sauf de ce cauchemar.
Jeff me sortit tout un tas de document de banque.
- Je veux que tu me donnes l'intégralité de ta fortune.
Je me saisis du stylo et commença à tout remplir, à signer partout, sans vraiment réfléchir ni même regarder ce que je signer. L'agent ne m'importait pas, je me fichais de cet argent gagner sans gloire ni mérite, je voulais juste mon Tom. Je retendis tous les papiers à Jeff, sans hésiter.
- Bien.
ll rangea soigneusement les papiers. Il avait mon argent. Il me tendit une autre feuille.
- Les codes des coffres forts.
Je lui notais tous les codes sans broncher. Il savait que je ne lui mentait pas. Ma main tremblait tellement que le style glissa plusieurs fois de mes mains moites de sueur. C'était tellement terrifiant que je n'osais pas parler. Tom, lui, me regardait de son coin... Il était terrifié. Jeff prit la feuille et la rangea avec les autres avant de se lever calmement.
- C'est tellement facile Bill...
Il recula mon fauteuil et se pencha au dessus de moi, posant ses mains sur l'accoudoir, m'empêchant de me relever. Je tremblais, j'avais tellement peur. Nos fronts se touchaient presque et j'étais soumis à ses envies mais j'aurais pu décrocher la lune pour mon amour.
- Tu m'as tellement humilié...
Sa main claqua dans un grand bruit ma joue. Une larme coula, l'unique que je verserai à cause de la douleur.
- Je veux t'humilier comme toi tu l'as fait...
Une autre claque... Ma tête tournait, la peur m'empoisonnait le corps, immobilisait mes muscles. Même Tom avait arrêter d'hurler.
- Et même avec tes papiers de banques, je ne suis pas rassasié Bill, oh non...
- Tu m'as déjà humilié...
Ma tête heurta le bord du fauteuil.
- Mais pas assez Bill, pas encore... Tu as eu le droit à mon enseignement et toi, tu... tu tombes amoureux et sa a un prix... Je t'offrais le bonheur, l'argent, les femmes et les hommes, leurs morts et toi, tu te soumets pour l'amour... C'est pathétique. Tu m'as dit que tu ferrais tous pour que Tom reste en vie donc suis mes ordres...
Mon regard était vide, idiot même, mais j'allais tous subir, pour Tom... Jeff s'était tu. Il me fixait et moi j'étais sous lui, je tremblais... La salle était silencieuse. Tom était silencieux même si je l'entendais se débattre. Il savait que tous gestes pourrait faire basculer la situation, et pas en notre faveur, oh non. Il regardait la scène avec un effroi non dissimulé. . Chacune de ses larmes qui s'écrasaient sur le sol, enfonçait une épine dans mon c½ur. On était devant la potence, attendant notre mort affreusement humiliante. Des centaines de "Pourquoi" et de "Comment" passait d'un regard à l'autre mais la réponse restera la même de toute façon.
Un sourire se dessina sur le visage de Jeff...
- Mais bon, tu as été un bon garçon obéissant aujourd'hui : tu as fait tout ce que je veux sans broncher.
- Rend moi Tom. S'il te plait.
Il s'écarta et il m'invita à me relever.
- Vas le voir alors.
La fin, la fin à double tranchant. La corde c'était tendu, me laissant agoniser dans le vide. La première décharge parcourait mon corps, la guillotine était lâchée...
J'allais mourir.
La mort me tendait les bras mais, pourtant, j'avançais vers mon amour, la tête haute, le buste bombé et droit d'une dignité perdue.
Tom me regardait, terrorisé. Il n'avait pas encore compris... Pas encore...
Est-ce-que je fus vraiment étonner quand j'entendis le bruit métallique d'une arme qu'on déverrouille ? Est-ce-que je sentis vraiment les derniers battements de mon c½ur et mes yeux se fermaient ? Je ne sais pas... Je ne sais plus...
- NAN ! BILL !
POV de Tom
- Non... Non... NON !
Mon corps tremblait violemment, ma tête tournait, je devenais aveugle, noyé dans mes propres larmes. L'Ange reposait dans mes bras, sa tête contre mon c½ur.
- Bill... Bill...
Soudain, il réouvrit les yeux. Son regard était vide mais étrangement apaisant. Je pense que la douleur était telle qu'il ne le voyait même plus. Le sang coulait par terre, mes mains, mon jeans et mon corps y étaient couvert, le sang de mon ange se rependait sur mon corps et je ne pouvais rien faire... Mon corps me faisait atrocement souffrir, je sentais la mort prendre doucement une partie de mon c½ur, la moitie de mon c½ur...
- NON ! LAISSEZ MOI BILL ! JE VOUS EN PRIS !
- T-Tom...
Je m'immobilisais soudainement, avais-je bien entendue ?
- T-Tom...
- Oh, mon amour... Reste... Je t'en supplie, je ne peux pas vivre sans toi...
- T-Tom...
Un de ses bras se leva doucement et caressa mo visage ravagé de larmes...
- Je veillerai sur toi de là-haut...
- Non... NON ! RESTE !
- Je t'aime Tom... Embrasse-moi...
Mes lèvres rencontrèrent les siennes et il me répondait faiblement.
- Je t'aime... Ne pars pas... AU SECOURS ! AU SECOURS !
Il ne répondait plus à mes baisers et quand je sentis sa tête se cogner contre mon torse, quand je vis ses yeux fermés, je sentis la mort arracher la moitié de mon corps, m'arrachant un long cri...
- NON ! AU SECOURS ! JE VOUS EN PRIS !
Je commençais maladroitement les gestes de premier secours mais rien... Bill était allongé sur le parquet, son visage était serein... Et je me m'effondrai en larme sur son torse... Hurlant ma peine... Hurlant mon défunt amant... Hurlant ma haine...
- NON ! TA PAS LE DROIT BILL ! T'AS PAS LE DROIT PUTAIN ! REVEILLE TOI ! ARRETE DE JOUER ! REVIENS, CE N'EST PAS DROLE !
Le délire avait prit possession de moi tellement la tristesse était grande et sanglantante. Je secouais le corps de mon amour.
- Reviens Bill...
Puis soudain, je me retournai, je voulais le tuer, ce connard qui m'a arraché mon amour, celui qui a rendu cette histoire si morbide...
Mais il n'était plus là... L'ombre non plus...
J'hurlais encore et encore le nom de mon Ange... Pleurant sur son torse, embrassait ses lèvres...
- Reviens...
Je perdis connaissance sur le corps de mon amour... Ecrasait par la tristesse ultime... Mon corps était vide... Mon c½ur ne battait plus correctement... J'étais devenu un mort-vivant, vivant physiquement, mort moralement...
Je m'endormis sur mon Ange... Oh que je l'aimais...
Que je l'aimais...
Putain de merde...
Vous devriez me voir... Voilà la fin de FIC-YAOI-DARKNESS
Injuste, triste, horrible...
Je suis trop secouée pour vous écrire correctement
Mais je voulais juste vous dire un putain de MERCI
Cette fic a vécu grâce à vous.
Il ne manque plus que l'épilogue maintenant...
A bientôt...
Nina.

